Photo du nord du site AZF le 21 septembre 2001 à 13h47. Au centre : le cratère et la trace noire.
Exposé de Gérard Hecquet devant la Cour d'Appel
Exposé de Gérard Hecquet devant la Cour d'Appel
Exposé de Gérard Hecquet devant la Cour d'Appel
Exposé de Gérard Hecquet devant la Cour d'Appel
Exposé de Gérard Hecquet devant la Cour d'Appel
Exposé de Gérard Hecquet devant la Cour d'Appel

AZF - SCIENCE PROCÈS

DÉPOSITION DE GERARD HECQUET DEVANT LA COUR D'APPEL

Un empêcheur de tourner en rond

Le 3 janvier 2013, coup de tonnerre dans le procès en Appel de la catastrophe d'AZF : l'ingénieur Gérard Hecquet dépose devant la Cour. C'est une surprise, car ni la défense, ni l'accusation n'ont souhaité sa venue. De quoi ont-ils peur ? Pourtant Gérard Hecquet est une pointure en chimie. C'est un spécialiste des deux produits incompatibles que le procureur et les experts judiciaires accusent d'être responsables de la catastrophe d'AZF. C'est un fait: l'accusation n'a pas cité Gérard Hecquet à comparaitre. Il est vrai que ses experts craignent Gérard Hecquet: ne les a-t-il pas repris à maintes occasions, corrigeant, ici une formule incorrecte, là une équation mal équilibrée. N'a-t-il pas fait voler en éclat une expérimentation dont l'expert et le responsable des experts affirmaient qu'elle prouvait la détonation du nitrate d'ammonium alors qu'elle n'en contenait pas. N'a-t-il pas pointé les erreurs d'une expertise parisienne qui tendait à prouver que le nitrate du hangar d'AZF avait été souillé par de l'huile ? C'est un second fait : la défense n'a pas cité Gérard Hecquet à comparaitre. Pourtant, auparavant, il était l'un des leurs et il avait toute leur confiance. C'est un troisième fait : les parties civiles avec avocats n'ont pas cité Gérard Hecquet à comparaitre. Ni Mémoire et Solidarité qui regroupe la quasi totalité des anciens salariés d'AZF, ni l'association des familles endeuillées, ni celle des sinistrés du 11 septembre. Ne veulent-ils donc pas connaître la vérité chimique ? Seules deux parties civiles sans avocat, Michel Massou et Kathleen Baux, ont souhaité entendre l'expertise de Gérard Hecquet. Grace à leur courage, nous connaissons aujourd'hui la vérité sur cette prétendue piste chimique.

La vérité chimique

L'exposé de Gérard Hecquet, supporté par un powerpoint fort clair et efficace est un terrible réquisitoire contre les expertises judiciaires dont il liste les erreurs, méconnaissance de la thermodynamiques et autres bourdes. Les lettres des spécialistes de la chimie qu'il produit à l'audience sont sans pitié pour les experts judiciaires.
Surtout, il réduit à néant la théorie du mélange des produits incompatibles décrit dans le rapport d'expertise judiciaire. Après avoir énuméré les étapes nécessaires à l'explosion du nitrate d'ammonium selon ce rapport, il prouve que deux "maillons faibles" n'ont pas pu se produire. Ce qui suffit à démontrer l'impossibilité de de la réaction envisagée par les experts judiciaires.

Le premier maillon concerne la teneur en eau du supposé mélange. En effet le mélange malencontreux de deux produits incompatibles présenté par les experts nécessite en fait trois produits ! L'eau est indispensable: elle entre dans le processus réactionnel et la réaction doit se produire en phase aqueuse.
Les essais de l'accusation nécessitent 10,7 % d'eau, ce que les conditions métérologiques du 21 du hangard 221 ne permettaient pas. En effet, Gérard Hecquet prouve par l'expérimentation que le nitrate d'ammonium soumis aux mêmes conditions atmosphériques régnant à Toulouse ce jour-là, ne prend que 1% d'eau. Fort de ce résultat, il a reproduit l'expérimentation de l'expertise judiciaire (tir 24) avec une teneur en eau ramenée à 9%. Or ainsi que Gérard Hecquet le démontre, dans ces conditions, le "mélange malencontreux" ne dépasse pas 53°C. Il n'atteint donc pas les 93°C nécessaires à la détonation. Il manque 40°C ! Inutile d'maginer ce qui se passe avec 1% d'eau...

Le second maillon concerne l'élaboration d'un mélange chimique complexe décrit dans le rapport d'expertise et connu sous le nom de "sandwich". Gérard Hecquet montre, photos à l'appuis (voir ci-dessous), l'impossibilité d'un tel montage. En raison de leur granulométrie, lors d'un déversement par une benne, les trois composants de ce mélange tombent séparément et ne se mélangent pas ! Et ils ne tombent pas dans l'ordre voulu par les experts. Le sandwich est mort. Dans la foulée, les experts le reconnaîtront et nonosbant toutes les règles procédurales et sans que la Cour ne s'en émeuve, modifieront à la barre leur rapport.

Ainsi par de simples constatations faciles à vérifier, Gérard Hecquet a démontré l'impossibilité de la piste chimique soutenue par l'accusation. Dont acte.

Exposé de Gérard Hecquet devant la Cour d'Appel
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